Le bilan environnemental du secteur du numérique devrait s’alourdir avec l’essor de l’intelligence artificielle, en grande partie dû au développement des centres de données. Actuellement, ces centres consomment 1,5 % de l’électricité mondiale, une part qui pourrait doubler d’ici 2030 selon les projections de l’Agence internationale de l’énergie. Ces mêmes projections estiment que leur consommation en eau pourrait doubler à cet horizon, atteignant un niveau équivalent à la consommation moyenne en eau de la France au cours des dix dernières années. Quant à leurs émissions de CO2, elles pourraient représenter, en 2030, 1 % des émissions mondiales. Face à ces enjeux, il devient essentiel de renforcer les politiques publiques existantes et d’ouvrir le débat sur la mise en place d’outils de régulation innovants et adaptés.

Environmental challenges of data centres in the age of AI

The environmental footprint of the digital sector is expected to worsen with the rise of artificial intelligence, largely due to the development of data centres. Currently, these centres consume 1.5% of the world’s electricity, a share that could double by 2030 according to projections from the International Energy Agency. The same projections estimate that their water consumption could also double by then, equivalent to France’s average water consumption over the past 10 years. As for their CO2 emissions, these could represent 1% of global emissions in 2030. In the face of such challenges, it is essential to strengthen existing public policies and to open the debate on innovative and appropriate regulatory tools.

Marie-Hélène Hubert est professeure des universités en sciences économiques à l’Université de Rennes et chercheuse au CREM-CNRS. Spécialiste de l’économie de l’environnement et des ressources naturelles, ses travaux portent initialement sur les effets des politiques climatiques sur les marchés mondiaux de l’énergie et de l’agriculture. Elle approfondit aujourd’hui ses recherches en explorant les liens entre changement climatique et conflits sociaux, ainsi que les interactions entre changement climatique et préservation de la biodiversité.

Thomas Le Texier, maître de conférences en sciences économiques à l’Université de Rennes et chercheur au CREM-CNRS, est spécialiste en économie numérique et de l’innovation. Outre l’analyse des dynamiques concurrentielles et organisationnelles sur les plateformes numériques au sens large, une large partie de ses travaux actuels contribue à la meilleure compréhension des effets de l’intelligence artificielle et des algorithmes sur les marchés, en portant notamment une attention particulière aux algorithmes de tarification et aux systèmes de recommandation sous l’angle de l’économie industrielle. Ses tout derniers travaux portent sur l’analyse économique de la cybersécurité dans des contextes d’interactions stratégiques entre rançonneurs et victimes.

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