La géopolitique de l’hydrogène s’inscrit dans un nouvel ordre énergétique mondial opposant les pétro-États, fondés sur l’exportation d’hydrocarbures, et les électro-États, dominés par l’électrification et les technologies renouvelables, incarnés notamment par la Chine. L’hydrogène carboné et bas carbone prolonge l’influence des pétro-États, tandis que l’hydrogène électrolytique s’aligne sur la stratégie des électro-États. L’Europe, prise entre dépendance aux énergies fossiles et dépendance technologique à la Chine, mise sur l’hydrogène décarboné renouvelable mais se heurte à des coûts élevés, des choix réglementaires complexes et de nouvelles vulnérabilités géopolitiques liées à ce vecteur.
Anne-Sophie Corbeau est chercheuse au Center on Global Energy Policy (Université de Columbia) et professeur à Sciences Po. Elle dirige les recherches du centre sur le gaz naturel et l’hydrogène. Elle fut senior leader et responsable de l’analyse gaz chez BP, et chargée de conseiller l’équipe dirigeante sur l’évolution du marché du gaz. Elle fut aussi membre du comité exécutif de BP France. Avant de rejoindre BP, elle a travaillé pour KAPSARC (King Abdullah Petroleum Studies and Research Center), l’Agence internationale de l’énergie, et IHS CERA. Elle est ingénieur diplômée de l’École Centrale Paris et de l’Université de Stuttgart.
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