Le 28 avril 2026, les Émirats arabes unis (EAU) ont annoncé leur retrait de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) et de son élargissement OPEP+, avec effet au 1er mai. La presse internationale y a lu une rupture, précipitée par la guerre d’Iran. L’article propose une autre lecture : l’aboutissement d’une trajectoire de quinze ans, lisible dès le bras de fer OPEP+ de juillet 2021. La sortie révèle la stratégie émirienne pour ce qu’elle est : maximisation intertemporelle de la rente, financée par une diversification qui recycle plutôt qu’elle ne substitue, institutionnalisée dans la fédération même via l’asymétrie économique entre Abu Dhabi (96 % des réserves) et Dubaï (post-rente expérimentale). Cinq recommandations opérationnelles en sont tirées pour la diplomatie énergétique européenne.
Romain Blachier est enseignant en science politique et chef de projet Innovation à la Compagnie Nationale du Rhône. Il intervient sur les marchés de l’énergie et la géopolitique de l’Indo-Pacifique dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur. Professionnel du secteur des énergies renouvelables, il est l’auteur de notes et d’articles publiés dans des think tanks et des revues spécialisées, en français et en anglais. Il préside l’association France-Formosa et est expert associé à la Fondation Jean-Jaurès. Il mène un projet doctoral en science politique. Les propos tenus dans l’article n’engagent que l’auteur et aucune des structures avec lesquelles il collabore.
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