Le pari du gaz, Dominique Mockly, éd. Débats publics

En découvrant la qualité de l’auteur – le président de Teréga – et le titre du livre, on pourrait s’attendre à un plaidoyer pour le gaz ; et c’est bien ce qu’est ce livre. Mais c’est un plaidoyer bien écrit et facile à lire, très bien documenté et qui replace l’enjeu du gaz dans une perspective beaucoup plus large qui est développée tout au long des pages. C’est dès l’introduction que les atouts du gaz sont mis en avant : « l’avantage de la flexibilité, du stockage, de la sécurité » et, par opposition au charbon et au pétrole, sa « faible
empreinte carbone ». Les argumentaires sont précis et justes et le lecteur peu convaincu le sera plutôt en raison de l’omission de certains enjeux (comme l’objectif de neutralité carbone par exemple) qu’à cause de l’inexactitude des faits ou des raisonnements présentés.
Au gré des chapitres est mise en avant la contribution du gaz à la transition énergétique avec des mots favorables certes, mais jamais excessifs, qui soutiennent le message principal, titre d’un chapitre : « Le Golden Age du gaz aura bien lieu ». Le cas particulier de l’Europe, moins favorable au gaz que le reste du monde, est expliqué ; les innovations technologiques, notamment le power-to-gas, sont présentées de façon équilibrée. Un chapitre est consacré à l’Europe de l’énergie, au cours duquel on oublie presque qu’on lit un livre consacré au gaz. Un peu plus loin, on reparle des gaz de schiste ou de la dématérialisation de l’énergie. Vers la fin du livre, la dimension « plaidoyer » reprend sa place en mettant en avant la «­modernité » du gaz.
En refermant le livre, on prend conscience que l’auteur organise son discours en mettant en avant les avantages du gaz plutôt qu’en l’opposant aux autres énergies. C’est certainement la meilleure manière de gagner le pari et d’enrichir le débat énergétique.

641-Bibliotheque