Le présent travail vise à fournir des clés d’analyse de la répartition géographique des capacités éoliennes installées sur la période 2008-2017. Constatant un positionnement des éoliennes sur la période d’étude qui ne correspond a priori pas aux zones de vent optimales à l’échelle du pays, nous proposons l’idée selon laquelle l’installation d’éoliennes n’obéit pas à une logique pure d’efficacité économique mais prend également en compte un objectif d’aménagement du territoire. Nous constatons que, du point de vue des finances publiques considérées dans leur ensemble, les incitations fournies par les tarifs de rachat de 2008 et 2014 et, d’autre part, la taxe locale sur les industries de réseaux, agissent en sens inverse : plus le facteur de charge éolien est élevé, plus le montant total dépensé en tarif de rachat est élevé mais plus la recette de l’IFER (imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux) est faible. Nous proposons l’idée selon laquelle ce design, qui semble a priori défectueux, révèle en réalité une préférence implicite de l’État.

Support for onshore wind energy in France (2008-2017): redistributive effects at the regional level

This work analyses the geographical spread of new wind turbine capacity during the 2008-2017 period. In principle, the wind turbines installed during this period do not correspond to the location of optimal wind zones within France. It would therefore appear that the location of wind turbines is not only determined on the basis of economic efficiency but also on the basis of broader planning objectives. We note that, from the point of view of public finances as a whole, the incentives provided by the 2008 and 2014 feed-in tariffs, on the one hand, and by local taxes on network industries, on the other, work in opposing directions: the higher the wind load factor, the higher the total amount spent on feed-in tariffs but the lower the revenues from local taxes. We suggest that this system, which appears flawed in principle, is actually the result of the government’s  implicit strategy.

Hadrien Bajolle travaille en tant que chargé d’étude au sein du cabinet de recherche 6t où il est spécialisé dans les interactions entre énergie et mobilité. Il est diplômé de Sciences Po Paris, de la London School of Economics et du master Économie, Finance, Carbone de Dauphine.
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