Pour évaluer de façon appropriée les politiques de transition énergétique à l’horizon 2050 basées sur le développement des renouvelables dans le secteur électrique, on utilise un modèle détaillé du système électrique. Le modèle permet d’éclairer les effets attendus et inattendus des interactions complexes entre une intervention politique ciblant le développement des technologies EnR à grande échelle, une contrainte CO2 pour contrôler les effets environnementaux de la politique EnR, et le recours possible aux nouvelles sources de flexibilité (stockages électriques, pilotage de la demande) pour baisser le coût de l’objectif de part d’EnR élevée. La modélisation complexe mise en oeuvre fait apparaître le niveau modeste des parts d’EnR à apports variables (EnRv) dans le mix optimal sous simple contrainte carbone. De même les différences de coût-efficacité des politiques priorisant le développement des EnR montrent les dérives de coût des politiques à 80 % d’EnR, et leur mauvaise performance environnementale. Le recours au stockage améliore un peu l’économie des EnRv dans le système, mais peut conduire dans certains cas à des émisssions plus importantes.

The use of complex models to evaluate renewables-based electricity transition policies

A detailed model of electricity systems is used to accurately assess energy transition policies to 2050 based on the development of renewables in the electricity sector. The model sheds light on the expected and unexpected effects of the complex interactions between policies targeting the development of large-scale renewable energy technologies, the use of a CO2 constraint to control the environmental effects of renewable energy policies, and the possible use of new sources of flexibility (electricity storage, demand management) in reducing the cost of achieving ambitious targets for renewable energies. The complex modelling used demonstrates the modest levels of variable renewable energy (VRE) in an optimal mix in the context of carbon constraint. Similarly, the differences in the cost-effectiveness of policies aimed at developing renewable energies demonstrates the increased costs of policies targeting 80% of renewables, as well as their poor environmental performance. The use of storage slightly improves the economics of VRE in the system but can, in some cases, lead to higher emissions.

Issu d’une formation d’ingénieur de l’université Simon Bolivar au Venezuela, et d’une double spécialisation en ingénierie de l’énergie à l’Université Polytechnique de Catalunya et d’une spécialisation en économie de l’environnement et de l’énergie à l’IFP-School, Manuel Villavicencio a soutenu sa thèse de doctorat en sciences économiques sous la direction du Professeur Jan Horst Keppler à l’université PSL en 2017. Il est actuellement rattaché au laboratoire d’économie de l’Université Paris-Dauphine en tant que post-doctorant, dans le cadre du projet de recherche européen OSMOSE.

Directeur de Recherche émérite au CNRS, Dominique Finon est depuis 2003 chercheur au CIRED (CNRS et ENPC) et depuis 2012 chercheur associé à la Chaire European Energy Markets de l’université Paris-Dauphine, et conseiller spécial du Conseil Français de l’énergie. Il a été directeur de l’Institut d’économie et de Politique de l’énergie (CNRS et Grenoble II) de 1991 à 2002 et Président et Délégué scientifique de l’Association des économistes de l’énergie de 2004 à 2010. Ses sujets de recherche principaux portent sur la régulation des industries énergétiques libéralisées et l’efficacité de politiques publiques (sécurité de fourniture, politiques Carbone, EnR, nucléaire et efficacité énergétique).

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