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La mobilité solaire, qui allie la technologie photovoltaïque et le véhicule électrique, attire l’attention des politiques dans la mesure où elle peut contribuer à la fois à diminuer le bilan CO2 des secteurs transport et  résidentiel et à dynamiser l’économie nationale. Ces objectifs ne devraient être atteints que si certaines conditions sont vérifiées : couplage intelligent du véhicule électrique avec le réseau, localisation sur le territoire d’une grande partie de la chaîne de valeur des industries associées, intégration des nouveaux usages de mobilité, acceptabilité par le public… Pour apporter un éclairage partiel, mais néanmoins instructif, sur ces questions difficiles, l’angle d’approche est celui de l’étude de cas projetés en 2030 où la mobilité solaire est intégrée à une maison individuelle dont on a simulé les consommations électriques des habitants (équipements, mobilité) avec une réponse apportée soit par le photovoltaïque installé sur le toit, soit par le réseau. La voiture électrique peut restituer son énergie pour satisfaire une partie de la demande des équipements de la maison (notion de Vehicle to Home : V2H). Les simulations montrent que, dans un cadre d’hypothèses assez conservatrices par rapport aux données actuelles caractérisant les technologies étudiées et leur contexte, la mobilité solaire est intéressante relativement à une mobilité essence hybridée performante, et cela du double point de vue, économique et environnemental (bilan CO2 et coût différentiels). Ce double avantage devrait être renforcé avec des hypothèses intégrant davantage les progrès technologiques attendus à l’horizon 2030.

Putting innovation on a trajectory of Factor 4: solar mobility in 2030

Solar mobility, which combines photovoltaic technology with electric vehicles, attracts the attention of governments insofar as it contributes both to the reduction of CO2 emissions by the transportation and residential sectors and gives a boost to the overall economy. These objectives can only be attained under certain conditions: smart coupling of electric vehicles with the power grid, ensuring that most of the value chain of the various industrial sectors involved is located on home territory, integrating smoothly these new means of mobility along with acceptability by the public… This article draws on a case study of projections for 2030, when solar mobility is assumed to be integrated into people’s private houses and simulations are made of occupants’ electricity consumption (appliances, mobility) with recourse to photovoltaic plates installed on their roofs, or to the grid. It shows that solar mobility holds out interest for high-performance hybrid gasoline powered vehicles from both the economic and environmental standpoints (CO2 and cost differentials), advantages that should be reinforced by technological progress over the years to 2030.

Nathalie Taverdet-Popiolek est expert sénior en économie de l’énergie au CEA, I-tésé.

Daniel Quénard est chef de division Enveloppe et matériaux innovants chez CSTB.

Françoise Thais est ingénieur-chercheur au CEA, I-tésé.

Simon Vinot est ingénieur à IFPEN, département Économie et évaluation environnementale.

Olivier Wiss est ingénieur-chercheur au CEA, INES.

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