Le Paquet Énergie propre en cours d’acceptation ne reconnaît pas le besoin de planification et d’établissement de contrats de long terme garantissant les revenus des investisseurs pour assurer le développement des technologies à fort CAPEX nécessaires pour la décarbonation et la sécurité d’approvisionnement. Seules les énergies renouvelables (EnR) électriques bénéficient de tels dispositifs, mais cela ne peut suffire pour réaliser le premier objectif. La prédominance de la culture libérale qui innerve toutes les décisions de la Commission comme tous les projets de réforme explique la non-reconnaissance de la nécessité de changer le régime de marché, alors que le Royaume-Uni, pourtant pays pionnier de libéralisation du secteur électrique, l’a reconnu en réformant à fond son marché électrique. Cette attitude rendra beaucoup plus difficile et coûteuse la réalisation de l’objectif de décarbonation et le maintien de la sécurité de fourniture rendu plus délicat par le déploiement à grande échelle des EnR intermittentes qui réclame le développement coûteux de sources de flexibilité.

Electricity in Europe and the long-term: an impossible transformation of the market regime?

The Clean Energy Package currently under consideration fails to recognise the need for planning and the long-term contracts that guarantee returns to investors. The latter are the only way to ensure the development of the high CAPEX technologies that are needed for decarbonisation and security of supply. Only renewable energies benefit from such measures, but they are not sufficient to achieve the primary objective. The predominance of the liberal culture that underlies all Commission decisions and reform projects explains the failure to recognise the need for a change in the market regime. In contrast, the United Kingdom, a pioneer in the liberalisation of the electricity sector, has recognised this need by fully reforming its electricity market. The EU’s approach will make it much more difficult and costly to achieve its decarbonisation objective. It will also make the security of supply more challenging, as the large-scale deployment of intermittent renewable energies requires the development of costly sources of flexibility.

Directeur de Recherche émérite au CNRS, Dominique Finon est depuis 2003 chercheur associé au CIRED (CNRS et ENPC) et à la Chaire European Energy Markets de l’université Paris-Dauphine, et conseiller scientifique du Conseil Français de l’Énergie. Il a été directeur de l’Institut d’économie et de Politique de l’énergie (CNRS et Grenoble II) de 1991 à 2002 et Président et Délégué scientifique de l’Association des économistes de l’énergie de 2004 à 2010. Ses sujets de recherche portent sur la régulation des industries énergétiques libéralisées et l’efficacité de politiques publiques (sécurité de fourniture, politiques carbone, EnR, nucléaire et efficacité énergétique).
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