Si la libéralisation des industries électriques appelle la très longue durée, tant est complexe cette industrie, les Européens attendent, au bout de quinze années, des bénéfices identifiables en matière de prix, d’innovation dans les services associés, de performance environnementale et de sécurité de fourniture… Plutôt que l’évidence du progrès, la complexité – voire la confusion – caractérise aujourd’hui l’Europe électrique. L’insertion de renouvelables intermittentes à grande échelle amplifie la difficulté de progression vers un régime de marchés électriques simple et efficace. La vocation de la nouvelle Chaire European Electricity Markets qui vient d’être installée à Paris-Dauphine est de rentrer dans cette complexité pour explorer les solutions de deuxième et de troisième rang qui permettraient d’améliorer la situation. La voie est étroite, mais il nous paraît possible, dans l’espace électrique européen, d’associer coordination publique, régime de marché et équité sociale. On le fait ici autour de sept recommandations, dont certaines concernent directement les enjeux de la transition énergétique.

Seven proposals for an efficient and dynamic European electricity system

While liberalisation of the electricity generation sector is inevitably a long term process, given the complexity of the industry, European consumers expect to reap identifiable benefits in terms of price, innovation in associated services, environmental performance and security of supply… Yet rather than evidence of progress, complexity – indeed confusion – effectively characterises Europe’s electricity structure at present. It’s time to react.

JanHorst Keppler, agrégé d’économie et de gestion, est également titulaire d’un doctorat en sciences économiques à la Johns Hopkins University de Baltimore (USA) et d’un master en Littérature comparée et Histoire à l’université de Berlin. Il enseigne à l’université de Paris-Dauphine l’économie industrielle.

Dominique Finon, directeur de recherche au CNRS, est chercheur au CIRED (Centre international de recherche sur l’environnement et le développement). Il travaille spécifiquement sur les politiques publiques et la régulation des industries électriques et gazières. Auparavant, il a dirigé l’Institut d’économie et de politique de l’énergie du CNRS-Grenoble de 1990 à 2002, puis le Laboratoire d’analyse économique des réseaux énergétiques (LARSEN), un GIS du CNRS, de Paris-sud et d’EDF R&D. Il a présidé l’Association des économistes de l’énergie de 2005 à 2008.

Patrice Geoffron est professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine où il dirige le Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières. Il a récemment publié Énergie : cartes sur table (Folio-Gallimard, 2012, avec Jean-Marie Chevalier et Michel Derdevet) et The New Energy Crisis (Palgrave McMillan, 2013).

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