En promettant en 2014 de réaliser une « union de l’énergie », l’équipe des commissaires emmenée par le président Juncker se fixait une ambition très haute. Cinq ans plus tard, certains résultats traduisent  incontestablement une avancée, d’une part avec l’adoption de règles communes rapprochant les législations nationales et d’autre part avec des aides à l’investissement ayant permis de densifier les réseaux  transfrontaliers. Mais cette volonté de resserrement a mis aussi en lumière les lacunes du cadre communautaire, qui ne prévoit pas de politique industrielle permettant à l’UE de tirer pleinement parti de l’effort qu’elle consent pour sa transition énergétique et qui relègue aux États le soin de gérer les conséquences sociales des mutations en cours. Surtout, la confiance absolue dans les vertus de la concurrence aboutit à une compétition entre États qui freine l’émergence d’une véritable intégration énergétique. Souhaitons que les commissaires entrant en fonction en 2019 renforcent la composante solidaire de l’union amorcée par leurs prédécesseurs.

Energy Union: a crucial integration

By promising to establish an ‘‘energy union’’ in 2014, the team of Commissioners led by President Juncker set itself a very ambitious target. Five years later, certain results clearly reflect progress: the adoption of common rules that are tantamount to national laws or investment support that has enabled the increased densification of cross-border networks. However, the drive for unity has also highlighted the shortcomings of the Community framework: the lack of an industrial policy means that the EU is not able to take full advantage of its efforts in energy transition, and it relegates to the Member States responsibility for managing the social consequences of the changes made. Most significantly, its absolute trust in the virtues of competition engenders competitiveness among the States that hinders the emergence of a genuine integration of energy. We can only hope that the Commissioners taking office in 2019 will pursue the principle of solidarity introduced by their predecessors.

Marcel Grignard est Président du think tank Confrontations Europe depuis juin 2014. Il a travaillé dans une grande entreprise de la métallurgie ; il a exercé ensuite des responsabilités syndicales au niveau national au sein de la CFDT, d’abord secrétaire général de la Fédération de la Métallurgie puis secrétaire général adjoint de la Confédération. Il a suivi les questions de politique européenne, développement durable, politique industrielle, recherche et Responsabilité Sociale des Entreprises. Marcel Grignard a mis fin à toutes ses responsabilités syndicales en juin 2014.
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